La collection de la Ville d’Anvers: IN/SIGHT
I You Me We Us, 2018
Margaret Salmon (°1975, New York) s’inspire de mouvements cinématographiques tels que Cinema Vérité, le néoréalisme italien et l’avant-garde européenne. I You Me We Us cherche à capturer l’expérience humaine quotidienne dans les moindres détails, en l’imprégnant d’un sens de la poésie et de l’émotion. Des gros plans de mains qui bougent, jouent, touchent et écrivent sont entrecoupés d’images de plantes et de fleurs sous une lumière haute en couleur. L’œuvre met l’accent sur l’intimité de la démonstration d’affection par le toucher et nous rappelle la composante la plus importante de l’amour, de l’affection et de l’attention : la présence et l’interaction humaines.
Dans son double film, Margaret Salmon capte la vie quotidienne de deux femmes qui vivent ensemble et explorent l’érotisme de leurs corps qui se croisent, qui écrivent à présent de brèves lettres, échangent avec leur environnement et avec d’autres êtres vivants dans la contemplation de belles fleurs. Un acte d’« extimité » (terme inventé par José Luis Pardo pour définir l’exposition de dimensions intimes) dans un espace domestique, dans la continuité de l’être ensemble. Une fois de plus, une célébration de la sororité non biologique, de la sexualité non reproductive. À la racine du mot compañera (compagne), on trouve le pan (pain) : celle avec qui on partage le pain. Dans un autre poème, Le Pain, Ponge écrit: « … la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. » (Le Pain, poème de Francis Ponge, publié dans Le Parti pris des choses (1942)
(extrait de Une éponge, un texte de Javi Cruz)
Margaret Salmon est représenté par la galerie Office Baroque.

